Intelligence sociale

decroissance

Pensez à votre maison, voiture, smartphone, notebook, garde-robes, vos objets de valeur et sentimentaux, votre salaire, votre argent, compte bancaire, vos dossiers, papiers… Qui êtes-vous sans tout cela ? Et si un événement quelconque venait à faire disparaître tout cela ? Il y a vraisemblablement deux façons de vivre sa Vie : la subir ou la choisir. Choisir quel rapport j’entretiens à mon monde extérieur ou subir son emprise sur ma vie.

Loin de prôner l’ascétisme, la simplicité volontaire invite à passer d’une essoufflante quête d’épanouissement par l’extérieur à un épanouissement de l’intérieur. Elle invite à reprendre sa vie en main pour passer d’un « toujours plus » compulsif à un « essentiel » choisi librement.

Les clichés ont la vie dure et si les mots « simplicité volontaire » font parfois peur, c’est que certains se complaisent à y associer un « retour à l’âge de pierre éclairé à la bougie » ou encore un mépris des progrès technologiques. Croyons-nous encore que l’être humain est fatalement lié au besoin d’en vouloir toujours plus, qu'il ne peut jamais être satisfait matériellement ? Qu'est-ce qui motive réellement notre mode de vie ?

Le choix de la simplicité est difficile à faire… tant qu’il reste dans la tête. « La connaissance c’est l’expérience, tout le reste n’est qu’information ». Par ces mots Einstein nous livre la clé de la transformation intérieure : comme pour pratiquement toutes les prises de conscience, l’information seule ne suffit pas pour opérer un déclic en soi. Elle n’est qu’une étape nécessaire. Seule l’expérience de la simplicité volontaire, quelques jours ou quelques semaines, peut nous convaincre de sa nécessité et de son inavouable vérité : elle rend bien plus heureux !

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas les entreprendre ; c’est parce que nous n’osons pas les entreprendre qu’elles sont difficiles. » Sénèque
cooperation-pic-300x227

Quiconque a côtoyé le « monde du travail » a entendu plus d’une fois les mots concurrence et compétition. Ils dictent les règles d’interactions entre tous les acteurs qui évoluent dans ce milieu. Et si ces mots sont moins affichés de l’école à l’université, ils sont pourtant le moteur de nos systèmes éducatifs. « Un gagnant est un fabriquant de perdant » rappelait justement Albert Jacquart. Aussi, alors que nous réalisons aujourd’hui le stress et la violence psychologique et sociale dans lesquels cette logique nous mène, les alternatives humanistes et coopératives fleurissent dans tous les milieux. Auto-gestion, absence de hiérarchie, égalité de revenus, inventions et technologies OpenSource, développement de l’autonomie, de l’entraide et de la collaboration, désintéressement pécuniaire… Chercheurs, inventeurs, collaborateurs en entreprise ou collectifs citoyens, quelques soient les projets et actions, vous pouvez développer une nouvelle manière d’agir dans la coopération solidaire. Et si vous décidiez de partager librement vos connaissances, vos idées, votre savoir, vos compétences ? Et s’il n’y avait rien à voler, à espionner, à faire plus vite ou mieux que les autres ? S’il n’y avait qu’à être désintéressé, confiant et libre, sans rien à perdre ?

« Il ne faut pas attendre d’être parfait pour faire des choses bien. » L’Abbé Pierre
mains-en-cercle

Que se passe t-il lorsqu’un groupe de personnes décide de se rassembler et s’affranchir du système politique dominant ? Peut-on désobéir ? Peut-on vivre ensemble sans hiérarchie et prendre des décisions ? Nous avons pris l’habitude de demander à des personnes ou des systèmes de décider pour nous, d’être responsable des aléas de notre vie. Quand ce n’est pas le gouvernement, c’est mon patron, ma voisine, la police, mes parents, la mairie, l’administration etc.

De plus en plus de personnes font maintenant le choix de reprendre en main leur vie, n’attendant plus vainement que les solutions viennent de l’extérieur. La crise et les politiques d’austérité font naître au sein des populations de nouvelles manières d’agir et de s’organiser. Il s’agit de dépasser cette peur et ce complexe d’infériorité politique qui nous incitent à croire que si nous ne faisons pas confiance à des instances et des professionnels qui contrôlent tout, l’humanité ne saurait se prendre en main, générant le chaos du chacun pour soi. Heureusement, les expériences humaines sont suffisamment nombreuses pour rappeler à chacun d’entre nous que c’est justement la quête de pouvoir et de contrôle qui attise les inégalités, la ségrégation, l’injustice, la violence. Au contraire, les expériences de gouvernance populaire rassemblent toutes les énergies au service de l’harmonie et du respect de chacun, permettant une organisation souple de la vie commune, ne considérant personne comme inférieur ou supérieur. Il s’agit de ne plus avoir peur de qui je suis, de croire en mon désir profond d’harmonie, de prendre conscience que j’ai le droit d’être là, que j’ai ma place, que je suis responsable, que je sois analphabète, instruit, jeune, âgé et quelles que soient ma situation, mes idées et mes croyances.

"Ceux qui pensent que c’est impossible sont priés de ne pas déranger ceux qui essaient."

Ci-dessous en vidéos, découvrez notamment :

  • Des entreprises qui fonctionnent sans hiérarchie, en auto-gouvernance, même avec des milliers de collaborateurs.
  • Le fondateur d’une entreprise qui aide bénévolement ses concurrents à se développer
  • Des salariés qui décident eux-mêmes de leur salaire, qui prennent en toute autonomie de nouvelles responsabilités ou des décisions stratégiques, qui apprennent à gérer leurs conflits sans intermédiaire ou même à s’auto-virer si nécessaire…
  • Daniel, le boulanger qui a su trouver son équilibre et son rythme en ne travaillant le pain que 2 jours par semaine. Son fournil est ouvert en son absence à ses clients qui peuvent venir chercher leur pain même la nuit.
  • Marinaleda, un village espagnol de 3000 habitants où il n’y a ni propriété privée, ni chef, ni dette. Un salaire identique pour tout le monde et 100% des habitants avec un toit, des maisons auto-construites par les habitants, un loyer à 15€ pour 90m² avec petit jardin et garage, une crèche pour les enfants à 12€ par mois, repas compris, un accès Internet gratuit pour toute la ville, une assemblée populaire réunie 70 fois par an, pendant laquelle tous les habitants, des enfants aux seniors, sont appelés à débattre et venir décider en temps réel du bien-fondé de toutes les dépenses publiques, au vote à main levée.
  • Auroville, une ville en Inde sans propriété privée, sans inégalités, sans police, où chacun aspire à vivre dans la paix et l’harmonie.

« Il ne suffit pas de voter à droite ou à gauche pour que la société change. Pour que la société change chacun d’entre nous nous doit changer, se mettre en route pour, pas à pas, construire une société plus cohérente, à sa mesure. » Les Colibris

  • Le Hameau des Buis, un éco village qui conjugue acquis de la modernité et sobriété écologique.
  • Une ville qui distribue des poules aux habitants afin de – en plus de bénéficier d’œufs – réduire les dépenses de la commune et la pollution. Les éboueurs ont presque désertés le coin !
  • Des vaches et des chèvres qui ont entretiennent et défrichent des espaces verts.
  • Des ressourceries qui réutilisent, revendent, donnent et créent à partir d’objets usagés.
  • Un concept d’économie solidaire qui a permis de repeupler des villages désertés.
  • Le concept de sobriété heureuse initié par Pierre Rabhi, l’un des pionniers de l’agriculture biologique. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire dans les pays arides d’Afrique, en France et en Europe, permettant à des populations de retrouver leur autonomie alimentaire.
  • Le BNB, Bonheur Intérieur Brut.
    « L’indice du BNB a inspiré plusieurs décisions importantes du Bhoutan, comme l’interdiction de la publicité. Décidée par le roi, elle a été confirmée au nom de la protection de l’environnement. Dans l’agriculture qui emploie 70% de la population, le gouvernement a lancé la transition pour devenir le premier pays du monde 100% bio à l’horizon de 2020. De même, il s’est engagé à maintenir au minimum une empreinte carbone neutre. Il s’appuie sur la constitution qui exige que 60% du territoire national soit recouvert de forêt. En conséquence, abattage des arbres et l’exploitation minière sont strictement réglementés. […] Les taxes payées par les touristes servent à payer la santé et l’éducation, gratuites pour tous.« 

Découvrez aussi :

  • Un message : nous ne sommes pas en démocratie, seulement nous avons appris à l’école à confondre les mots élection et démocratie.
  • Une autre forme de représentants politiques désignés non plus par élections, mais par un système de tirage au sorts.
  • De simples citoyens qui se réunissent pour s’entraîner à réécrire eux-mêmes la Constitution et redéfinir les règles politiques.
  • La désobéissance civile, une invitation consciente à désobéir à des règles collectives
  • Nuit Debout, une initiative démocratique sur les places publiques
  • Un pays, l’Islande qui a choisi de laisser ses banques faire faillite pour mettre fin à la crise
  • Des monnaies locales qui permettent de vivre sans l’euro
  • La Carrotmob, ou boycott positif, un concept écologico-capitaliste qui consiste en une nouvelle manière d’inciter les commerçants à passer au vert.
  • Un bonus : la recette pour fabriquer sa propre lessive écologique

Pensez à activer les sous-titres français si nécessaires.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *