3- Le Discernement Spirituel

Cet article est en 4 parties. 1- le diagnostic > 2- la prévention > 3- la cause du problème

Il semble bien que nos chemins de vie nous confrontent tout du long à des moments désagréables et douloureux. Nous avons vu dans la précédente partie que même en nous offrant la meilleure hygiène de vie possible, la meilleure volonté et la meilleure discipline, même avec une très grande vigilance et une excellente capacité à nous ouvrir au nouveau, la vie nous offre des moments difficiles auxquels nous confronter et que nous ne pouvons pas maîtriser.

C’est là la grande désillusion des personnes qui sont engagées dans un travail personnel et spirituel ou, plus simplement, dans le bien-être, et qui espèrent qu’un jour enfin elles ne souffriront plus. Certaines s’attachent à l’espoir d’être définitivement guéries de toutes les blessures du passé ou libérées tous leurs blocages, ou encore à transformer tout ce qui les empêche de vivre heureux dans le meilleur des mondes, etc.

desespoirJ’ai beaucoup été interpellé par de nombreuses personnes très engagées sur un chemin d’évolution personnelle qui, après des années de thérapies, étaient désespérées de revivre une nouvelle dépression ou un traumatisme qu’elles pensaient pourtant être de l’histoire ancienne. Elles ont cette impression que ça n’en finit pas. Je pense également à celles qui ont passé des décennies à suivre les enseignement d’un maître, à vivre de Yoga, d’états extatiques d’éveil et d’illumination, et qui réalisent qu’elles souffrent toujours dans leurs relations.

 

Dans son livre « La part d’ombre du chercheur de lumière », Debbie Ford nous partage ainsi son expérience :

« Cela semble inconcevable qu’une personne cumule pendant 11 ans thérapies de groupe, traitements de codépendance et autres sessions de douze étapes ; qu’elle aille consulter hypnologues et acupuncteurs, expérimenter le rebirth autant que le saut en parapente, suivre des séminaires de transformation ainsi que des retraites bouddhistes ou soufies ; qu’elle lise des centaines de livres et écoute de nombreuses cassettes de méditation et de visualisation et, pourtant, continue à détester des parties d’elle-même. Tout ce temps, tout cet argent, et je me rendais compte que le travail restait à faire ! »

Ce travail dont elle parle, c’est ce que j’appelle le discernement spirituel.

Séparation difficile ou simple chagrin d’amour, maladie, burn-out, incapacité financière à subvenir à ses besoins, crise professionnelle, relation tendue, stress au volant, sentiment d’impuissance ou de révolte face à ce qui se passe dans le monde, agacement face à l’incompréhension des autres, dépression, auto-jugements à répétition… que notre traumatisme soit grand ou petit, exceptionnel ou récurrent, le discernement spirituel permet d’éclairer ces expériences et de mettre fin à la souffrance associée.

C’est une démarche de fond qui nous invite à regarder la réalité en face, à s’ouvrir à la vérité que notre mental-ego, prisonnier de ses croyances, est incapable d’accepter sur le moment. Car c’est bien le fait de nous ouvrir à la vérité et de la mettre en lumière qui nous libère et vient transformer profondément notre vie.

Le discernement spirituel est une posture intérieure qui nous invite à mettre temporairement de côté toutes nos certitudes et croyances.

En particulier la croyance dans l’idée que la guérison de nos névroses, l’éveil de la conscience ou la quête de vérité est longue et laborieuse, qu’il faille forcément passer par telle ou telle phase, savoir telle ou telle chose ou faire appel à telle ou telle personne.

Il consiste à ouvrir notre esprit et notre cœur à un espace où tout est possible, où toutes les réponses, même les plus improbables, les plus inconcevables, les plus inacceptables ont leur place.

Concrètement comment faire ?

Le discernement spirituel consiste à :

1- Prendre conscience des situations où nous ne sommes pas en paix ; c’est-à-dire des moments qui nous font réagir et vivre stress, inconfort, souffrance, sentiment ou émotion désagréable. Ce sont toujours des situations dans lesquelles nous portons un jugement sur quelqu’un (y compris soi-même) ou quelque chose. Si vous réalisez qu’il y en a beaucoup et que vous vous sentez perdu, commencez pas la situation stressante qui est la plus présente maintenant dans votre vie.

jugerPour ma part, le discernement spirituel s’est invité dans ma vie alors que je portais sans cesse des jugements sur les imperfections des autres. Tout y passait : la manipulation des médias et des politiques, l’ignorance de tous ces gens qui n’avaient pas eu mes prises de conscience, l’imbécillité de ceux qui continuaient à manger du fois gras alors que je devenais végétarien, l’idiotie de ceux qui se passionnaient pour le dernier smartphone fabriqué dans des conditions horribles en Asie, l’aveuglement des citoyens qui continuaient à voter en espérant qu’un sauveur s’intéresserait un jour au bien commun. Je condamnais aussi la paresse de ceux qui se complaisaient dans un mode de vie sans âme et destructeur, la suffisance de la science incapable d’ouvrir son esprit aux dimensions subtiles, ou encore ma propre incapacité à incarner mes idéaux, etc.

Mes jugements étaient innombrables au point que je devenais terriblement égocentrique, persuadé d’avoir toujours compris là ou les autres ne voyaient rien.
Au début, je ne le voyais pas, je ne voulais pas le voir. Mais petit à petit, j’ai pris conscience que cela, loin de me rendre heureux, me laissait dans des états d’insatisfaction chronique, de doute, de colère, d’épuisement, d’impuissance. Je mettais intérieurement une distance entre moi et les autres, refusant d’entendre leur vérité et de les voir comme ils sont. Bref, je n’étais pas en paix.

2- Une fois que l’on a pris conscience du problème, il s’agit de prendre un temps pour soi, au calme, afin de mettre la lumière sur une situation stressante et comprendre pourquoi nous souffrons. Généralement, lorsque nous décidons cela, le mental réagit immédiatement « Moi ! moi ! C’est mon boulot de justifier et d’expliquer le pourquoi du comment tu es triste et déprimé ou pourquoi tu as parfaitement raison d’être en colère et révolté ! ».
Dans le discernement spirituel, plutôt que de laisser notre mental chercher des réponses dans tous les sens, nous allons lui demander uniquement de poser des questions, calmement, et de se mettre à l’écoute du cœur.

yeux-fermes

Dès le début de mon chemin vers une vie plus heureuse, en quête de sens et de vérités, j’ai su faire preuve d’une grande ouverture d’esprit. C’est l’une de mes qualités et elle m’a permis de bousculer rapidement de nombreuses croyances que j’avais sur moi, sur les autres, sur le monde et sur les choses en général. Mais j’ai aussi découvert que cela ne faisait que me forger plus rapidement de nouvelles croyances auxquelles je pouvais m’attacher aussi fortement qu’aux anciennes. J’ai alors travaillé à imaginer une démarche de questionnement de l’esprit qui nous permettrait de rester libre et ouvert en permanence ; une démarche qui permettrait d’évoluer vers toujours plus de conscience et de paix, sans limites.

C’est alors que j’ai découvert Le Travail de Byron Katie®. Plutôt que de réinventer la roue, je me suis passionné pour Le Travail®. Proche de la maïeutique de Socrate, il s’agit d’un processus méditatif simple de questionnement de nos pensées.

Toutes nos souffrances naissent à l’instant où, incapables de rencontrer la réalité telle qu’elle est, nous cherchons à la modifier avec nos pensées.

Partant de ce constat universel, Le Travail nous permet de questionner les pensées à l’origine de notre souffrance afin de déconstruire la croyance à l’origine de celle-ci. Ce processus a pour particularité d’agir directement à la source. Les questions sont comme une sonde qui plonge au cœur du mental, ramenant des réponses du plus profond de notre Etre.

L’étape suivante du discernement spirituel consiste ainsi à effectuer Le Travail :

the-work-logo3- Se munir d’un papier et d’un crayon. Pourquoi ? Parce que notre mental fuse dans tous les sens en permanence, il est presque insaisissable ! Ecrire ses pensées permet de le figer momentanément sur papier pour pouvoir les questionner.

4- Replonger mentalement dans votre situation stressante.

5- Ecrire en quelques mots ce qui ne va pas.

6- Investiguer la ou les pensée(s) que vous avez écrit à l’aide de 4 questions et de retournements précis.

Le discernement spirituel nous invite à oser croire en notre propre sagesse et avoir foi en notre intelligence profonde. Il permet de contacter une partie de nous qui a toujours les réponses dont nous avons besoin, au bon moment, et de ne plus nous sentir démuni dans les périodes les plus difficiles.

En nous permettant de comprendre la cause de notre souffrance et de nous libérer de son emprise, il agit comme une démarche de fond dans notre vie pour trouver la paix intérieure.

Avec l’expérience, le discernement spirituel peut désamorcer certaines situations stressantes au moment même où elles apparaissent, sans besoin de se retrouver au calme pour revenir sur la situation après coup. Mais ce n’est ni maîtrisable, ni garanti, ni l’objectif.

La question se pose donc : peut-on également contacter la paix au cœur même d’un moment stressant, inconfortable, désagréable ? Doit-on forcément souffrir sur le moment ? Ou bien existe t-il une forme de « traitement immédiat » ?

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