Lettre aux chercheurs spirituels

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Dans la quête spirituelle, arrive un temps où l’on n’apprend plus de nouvelles choses, mais où l’on semble tourner en boucle autour de différentes approches et différents concepts. Depuis le début de mon éveil à la nature spirituelle de l’Etre Humain, et donc à ma propre nature, je me suis attaché à croire qu’il existe un lien cohérent entre tous les mouvements de pensées spirituels. J’ai passé beaucoup de temps ces dernières années à douter, à passer d’une vérité à l’autre, à perdre espoir en tous concepts, puis à le retrouver, pour le reperdre à nouveau dès qu’une nouvelle source, un nouvelle parole, une nouvelle vérité énoncée contredisait la conception que j’avais du sens de la vie, du divin, des plans spirituels et de l’être humain. J’ai déconstruit tant de fois ma conception du vrai et du réel que je sais maintenant avec certitude que rien n’est trop grand pour l’Etre Humain. Il peut mourir à lui-même et renaître de nombreuses fois sans crainte, car c’est dans ce cycle de renaissances et d’évolutions qu’il développe la certitude tant convoitée sur le chemin de l’accomplissement de Soi.

« Tu penses trop« , « Tu te poses trop de questions« , « Tu te prends trop la tête« , sont autant de jugements que j’ai entendu et que je me répétais à moi-même.

Avec un mental surefficient, j’ai compris qu’il ne m’aiderait pas plus à dissiper le doute et apaiser mon esprit. J’avais déjà bien compris qu’il ne suffisait pas d’informations et de connaissances pour découvrir la vérité et la paix intérieure. Aussi j’avais beau passer à la pratique, méditer et suivre des stages, cela ne changeait en rien le fait que ma vie était semée de doutes, d’inconforts et de névroses.

Un jour, j’ai décidé d’arrêter de chercher une énième information, une énième technique, pour mettre fin à ma souffrance. De toute évidence, rien ne semblait « fonctionner » pour moi, rien d’extérieur ne semblait me réjouir au point d’en faire ma doctrine ou ma pratique quotidienne. J’ai décidé de m’arrêter sur le dernier concept-vérité qui à la fois résonnait fortement en moi, et semblait commun à tout ce que j’avais lu et entendu. Ce concept, que j’allais désormais prendre au au pied de la lettre est le suivant : « Toutes les clés, toutes les réponses sont en toi. » Aujourd’hui, je rectifierai quelque peu en disant « Toutes les clés, toutes les réponses dont tu as besoin maintenant te sont accessibles.« 

Beaucoup d’entre nous ont été en résonance avec cette notion, mais comment se fait-il que malgré cela, tant de gens restent en proie au doute, à la souffrance et à l’impuissance et continuent à chercher de nouvelles pratiques et de nouvelles doctrines ?

J’étais en quête de simplicité et de cohérence. Pour moi désormais c’était clair et immuable : chacun est son propre maître, son propre cadre de référence. Selon cette vérité, les sentiments et les ressentis personnels étaient l’indice le plus fiable de ce qui était juste et vrai.

Cependant, mes ressentis étaient biens flous et confus, quand ils ne me semblaient pas carrément inexistants. J’étais bien loin de ces gens que je côtoyais dans les stages et qui ressentaient des signes corporels clairs comme des picotements, des tensions, des images mentales, des chaleurs, des sons, des sensations par-ci et par là… Je me comparais sans cesse aux autres en me demandant : « Pourquoi je ne ressens rien, pourquoi je ne vois rien ? » « Pourquoi il me semble que mon corps est vide, et que mon esprit ne semble rien savoir faire d’autre que contempler le noir derrière mes paupières ? »

Comment faire lorsque l’on a l’impression que notre intuition, nos sentiments et ressentis ne sont pas fiables ? Lorsque l’on croit que le mental est plus fort et qu’il manipule notre discernement en interprétant sans cesse ce que l’on ressent ? Dans le premier temps de ma quête spirituelle, toutes mes questions étaient centrées sur cette problématique : Comment savoir si c’est mon intuition qui parle ou une peur ? Est-ce une croyance mentale inconsciente, mon imagination ou une vérité intuitive ? Suis-je en train d’écouter mon cœur ou un désir illusoire ?

Certains pensent que notre état d’être nous indique si nous sommes ou non dans le juste et le vrai. Beaucoup parlent de l’état d’amour. D’autres de l’état de joie intérieure. Mais quand comme moi, on a l’impression que cet état d’amour est vague et flou, qu’on n’arrive pas le ressentir ou le conceptualiser clairement, ou quand on traverse une année complète avec l’impression que la joie ne se fait plus sentir, cela signifie t-il que nous sommes dans l’erreur et le faux ? A côté de la plaque ? J’avais passé trop d’années à me juger continuellement pour croire que si je ne ressens pas de joie, c’est que je dérive de mon juste chemin.

Bref, je ne vais pas raconter ici comment j’ai déconstruit progressivement mes doutes à ce sujet. J’ai eu l’opportunité de suivre un enseignement sur trois années auprès de Dominique Lussan qui m’a aidé à développer mes ressentis, percevoir les signaux subtils corporels et énergétiques, reconnaître mon intuition, faire alliance avec mon mental, et identifier plus clairement les états d’être que je contactais.

Ce chemin m’a mené à développer la certitude que dans l’état présent, la souffrance est facultative. Parce que je ne doutais plus du fait que j’avais à chaque instant les ressources nécessaires pour traverser et transmuter une émotion, une douleur ou un état d’être, je pouvais m’abandonner au processus de reconnexion qui se joue dans l’infini présent. Cette posture de reconnexion instantanée, comme je l’appelle, investit essentiellement la sagesse du corps. De toutes les dimensions de l’Etre, le corps physique est la seule qui ne voyage pas dans le passé ou le futur (comme le mental). C’est ainsi la seule qu’il est, de toute évidence, facile à ressentir et reconnaître. Quand bien même il s’agit d’une vague sensation de vide dans le corps, on peut identifier et nommer cette « sensation de vide ». Le corps est donc le meilleur allié pour reconnecter l’ensemble des dimensions de l’Etre, physique, énergétique, émotionnelle, mentale et spirituelle, dans la conscience de l’état présent. J’ai découvert que lorsque je m’abandonnais au processus, par l’intermédiaire de mouvements spontanés, de sons spontanés, de touchers spontanés, de respirations spontanées, de regards spontanés ou d’autres manifestations intuitives extérieures et intérieures (comme l’apparition d’une idée, d’une image etc.), la souffrance avec laquelle j’étais en prise disparaissait. La transmutation opérait, naturellement.

Pour en savoir plus sur la reconnexion instantanée, vous pouvez lire cet article ou regarder cette vidéo. Ce sujet n’est pas l’objet de ce présent écrit, mais je tiens à préciser que, comme un muscle à entraîner, cette pleine conscience investie a besoin de toute notre vigilance au départ, car le moindre égarement et le mental replonge facilement dans la peur de ses croyances inconscientes. Ce n’est pas un problème en soi. C’est une méditation, un apprentissage à reconnaître et accueillir le mental et ses croyances limitantes comme « Ça ne sert à rien« , « Ça ne mène nulle part« , « Je vais désespérer à en mourir« , « Je souffrirais toujours« . Accueillir la peur, accueillir la douleur. Éclairer, mettre en mouvement, fluidifier l’énergie cristallisée. Et suivre le processus en se laissant surprendre. Accueillir, suivre, accompagner, s’abandonner, rester vigilant, ouvert et bienveillant. Ce processus de reconnexion à l’état présent n’est pas l’oeuvre de l’ego, il est l’oeuvre de l’Esprit qui répond à votre intention claire de vous abandonner et vous investir totalement en confiance à la sagesse guérisseuse de l’Etre. Pendant ces quelques instants, vous invoquez et vous vous inclinez humblement devant la grandeur du divin, et devant l’extrême simplicité avec laquelle les lois de la Lumière vous prouvent que vous êtes en mesure de vous libérer par vous-même, ici et maintenant, de toute souffrance. C’est un choix à faire, un choix sans équivoque, qui dépend de Votre décision.

Je réalise que je m’écarte du sujet qui motive l’écriture de cet article.

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Comme je le disais en introduction, tôt ou tard, on finit par tourner en rond dans les différentes approches et concepts spirituels. Jusqu’ici, ma recherche personnelle m’a appris à comprendre les mécanismes de la souffrance et à m’en libérer. J’ai appris à ne plus me sentir démuni ou impuissant. Je reconnais en moi la souveraineté de l’Etre, serein et apaisé, et sais communiquer avec lui pour infuser en conscience les enseignements que la vie m’enseigne. Telle une méditation continue, ma Conscience d’Etre me rappelle sans cesse à la fluidité, l’harmonie, l’amour et la justesse de ce que la vie m’invite à faire à tout moment. Pourtant, quelque chose reste insatisfait en moi. L’univers met sans cesse sur mon chemin de nouvelles données qui viennent mettre en doute ma conception du réel et du vrai. Qui a raison, qui a tort ? Ai-je raison de ne me fier qu’à ma propre compréhension des choses ? Et si mon intuition n’en était pas une ?

Au stade d’aujourd’hui, j’identifie deux grandes tendances, deux attitudes de recherche et de cheminement vers l’accomplissement de Soi.

Il y a ceux qui choisissent une voie et s’y tiennent. Il s’agit essentiellement des traditions anciennes : bouddhisme, védantisme, taoïsme, christianisme, judaïsme, islam, chamanisme etc. A partir d’un socle de concepts et de références communes, ces différentes voies ont évoluées vers des écrits et des enseignements plus récents, donnant naissance à des mouvements divers et variés. Ainsi pour ne citer qu’un exemple, le Mouvement du Graal,  qui prend appui sur la trilogie d’ouvrages « Dans la Lumière de la Vérité » écrit par Abdurshin, et dont les codes et le vocabulaire judéo-chrétien interpellent surtout le monde occidental. Dans mon expérience, les êtres humains que j’ai rencontré et qui se sentent liés à l’un ou l’autre de ces mouvements spirituels le sont exclusivement. C’est-à-dire qu’ils s’attachent à respecter scrupuleusement le vocabulaire, les références écrites et les concepts édictés par l’ouvrage ou le mouvement en question. S’en écarter, s’en affranchir ou s’orienter avec « trop » de curiosité vers d’autres mouvements de croyances est pour eux un égarement, au mieux inutile, au pire dangereux.

Il y a ceux qui explorent la voie du « tout est voie » et cherchent à définir leur propre synthèse dans différentes lectures, différentes pratiques. Ils vont piocher dans les traditions anciennes, les nouvelles spiritualités comme le New Age, dans la science et dans des courants divers de la société. De nombreux ouvrages fleurissent dans cette catégorie, comme, pour citer une autre trilogie, les « Conversations avec Dieu » de Neale Donald Walsch. Souvent dans cette catégorie, la frontière entre le bien-être et le spirituel est très floue, ou sujette facilement à interprétation. Certains pensent que leur bien-être est le meilleur indice de leur juste accomplissement spirituel. D’autres ne s’intéressent qu’en surface à la dimension spirituelle, préférant se concentrer sur l’accomplissement de leur bien-être ou de leur réussite personnelle dans cette vie, en faisant des questions de l’au-delà et des autres plans de réalité une simple curiosité.

Ces deux mondes semblent ne pas se rejoindre. Les premiers mettent régulièrement en garde sur les dérives des seconds, rappelant que l’ascension spirituelle est soumise à des lois sérieuses et qu’il n’est pas de bon ton de les prendre à la légère ou de les tourner en dérision. Les seconds accusent les premiers d’avoir trompé l’humanité, en répandant des doctrines basées sur la peur, le patriarcat ou encore la misérabilité de l’existence terrestre. Parfois, les idées des uns rencontrent celles des autres. L’exemple le plus éloquent est celui des traditions orientales. Souvent, ce sont les « tout est voie » qui piochent chez les premiers ce qui leur convient en terme de pratiques, de notions et de vocabulaire : la méditation, le yoga, le karma, les chakras… Le tout est souvent renommé, interprété, ajusté et transformé selon les inspirations de chacun pour les faire coller à leur conception du monde. L’important pour eux est de s’affranchir des écrits traditionnels qu’ils remettent en cause ou choisissent d’ignorer. Au grand dam des dévots qui accusent alors les premiers d’âmes en dérive, perverties par leur attachement aux jouissances de la matière et assujettis à l’ignorance.

J’observe pourtant que dans l’une et l’autre des deux catégories de chercheurs spirituels (et mettons dans la seconde ceux qui professent qu’il n’y a « rien à chercher », que « tout est déjà là » et que c’est « la fin de la quête » ; à ce sujet j’avais tourné une petite vidéo), un choix d’unifier les vérités et les concepts est très vivant. Ainsi, la plupart des mouvements traditionnels, modernes et contemporains s’accordent pour dire que Jésus Christ, Bouddha ou Mahomet sont tous d’illustres messagers du divin. Si Jésus est considéré comme le seul et unique fils de Dieu par les uns, les autres feront l’impasse sur la hiérarchie spirituelle et l’appelleront simplement prophète, maître ou maître ascensionné. De la même façon, on retrouve la reconnaissance des anges, archanges ainsi que des entités qui régissent les plans de la nature, devas, élémentaux et maître des lieux.

La science quant à elle, semble jouer le rôle de garde-fou en poussant les différentes croyances et certitudes à préciser leurs propos. De par son aspect universellement admis, elle permet aussi de donner un petit cadre de référence commun aux différentes conceptions, même si elle est souvent instrumentalisée pour servir les propos des uns ou des autres. Je parle seulement d’un « petit cadre de référence » car il semble évident à tout chercheur spirituel que la science se trouve extrêmement limitée face à l’absolue vérité qui motive les êtres engagés dans un processus de réalisation de Soi.

Voilà j’arrive à ce point de l’article sans trop savoir comment le conclure. Je crois qu’il se présente surtout comme une réflexion personnelle, un constat subjectif. Après avoir lu, vu et entendu des centaines de personnes, toutes plus convaincues et convaincantes les unes que les autres, j’en arrive à abandonner l’idée que toutes les âmes engagées sincèrement dans la quête spirituelle, dont vous faites certainement partie si vous lisez ces lignes, puissent un jour se rejoindre et cesser de céder au jugement et à la peur de l’erreur. A l’heure ou l’on se retrouve à traquer et se méfier de la « fausse lumière », des sectes, des pièges lucifériens et autres illusions de l’esprit visant à détourner l’être humain de son véritable accomplissement, je crois qu’il est juste de se rappeler que l’essentiel tient dans notre intention. Si mon intention est d’œuvrer sincèrement pour le plus grand bien de l’univers et de l’humanité, si mon intention est d’œuvrer humblement à l’accomplissement de la Lumière dans le sens des lois divines, et si mon désir de paix intérieure et de réalisation personnelle est mis au service de cet accomplissement, alors ce que j’entreprends en pensée, en parole et en action ne peut qu’aller dans le sens de l’évolution harmonieuse de l’Etre et de la Création.

Est-ce aussi ce qui résonne pour vous aujourd’hui ?

Reconnaissons nos intentions mutuelles, relions-nous au bon vouloir des âmes en regardant au-delà des divergences de formes, de paroles et d’actions, rencontrons-nous cœur à cœur, et je suis certain que nous serons surpris de découvrir combien celui qui nous semblait si antagoniste sert en réalité le même dessein.

A vous, qui avez à cœur d’œuvrer en Conscience pour la Lumière,
Guillaume

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