Le pouvoir de l’accueil – Nassrine Reza

« – Dans la vie, soit on choisit la lutte soit on choisit l’accueil.  Nous ne pouvons pas forcément choisir les circonstances de la vie. Nous pouvons les espérer, les désirer, faire au mieux pour que ça aille dans ce sens. Mais nous n’avons jamais aucune garantie la-dessus. Par contre nous pouvons choisir en toute conscience et à chaque instant si face à ces circonstances nous souhaitons être dans un mode de lutte ou dans l’accueil. Toutes émotions, la tristesse, la peur, la joie, tout ceci prend place en nous avant tout. Quand on est dans cet état d’accueil, on donne de l’espace à ce qui se manifeste en nous. Et de ce fait il n’y a plus d’enfer en nous, parce qu’il n’y a plus de guerre intérieure.

– Mais on nous apprend toute notre vie qu’il faut lutter ! Il n’y a pas un côté un peu passif à dire : bon bah j’attends l’accueil puis advienne que pourra ?

– Vous savez je ne parle pas d’un mouvement extérieur. Le pouvoir de l’accueil est intimement lié à ce qui se produit en nous, dans notre espace intérieur. Cela n’empêche pas de faire ce qui doit être fait. Ça ne veut pas dire je vais m’asseoir et attendre. Je peux, il n’y a aucun problème. Il y a des yogis qui s’assoient sous leur arbre et tout va très bien pour eux. Mais ça ne correspond peut-être pas à chaque être humain. Le pouvoir de l’accueil ne veut pas dire « Je ne vais rien faire ». Ce n’est pas en lien avec l’interaction que nous avons avec le monde extérieur, mais intimement lié à nous, à la relation que nous avons avec notre corps, notre mental et notre système émotionnel. C’est là qu’on accueille ce qui se passe. Donc on va accueillir la douleur, on va accueillir une pensée négative, on va accueillir une émotion dite négative. Mais ça ne veut pas dire que je ne vais rien faire dans une situation hautement affligeante. Imaginons que je sois en couple et que je me fasse battre, je ne vais pas accueillir les baffes de l’autre. On est bien d’accord. C’est vraiment en lien avec la relation que nous entretenons avec nous-même à priori. »

« Le pouvoir de l’accueil, je l’ai « découvert  » à travers ma propre vie. C’était encore plus marquant lorsque j’accompagnais Lara, une petite fille âgée de 4 ans qui souffrait d’une leucémie. Même dans cette situation affligeante, elle n’a jamais dit « Il faut que je combatte ma maladie. » Quand elle a eu son anniversaire je lui ai offert une peluche et elle s’est amusé avec cette peluche comme l’aurait fait tout autre enfant. Donc jamais un enfant n’est dans cet état de lutte face à ce qu’il vit intérieurement. Le pouvoir de l’accueil c’est ne plus être dans le contrôle. De toute façon nous pouvons pas outre mesure contrôler la vie, nous pouvons par contre apprendre à exceller dans notre navigation. »

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